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La Bonne Mère

 

Naissance de l'église, Notre Dame de la Garde !

 
L'histoire débute en 1214, quand un prêtre de l’Abbaye de Saint-Victor, Maître Pierre demande à sa hiérarchie de pouvoir utiliser le plateau de la colline qui se trouve derrière l’Abbaye de Saint-Victor, pour construire une petite chapelle qui sera dédiée à la Vierge Marie…
 

Après avoir obtenu l’autorisation, Maître Pierre confiera à des maçons marseillais, la construction de cette chapelle, qui sera entourée de vignes et d’un jardin potager…

 
Le Pape Honorius III, la confirmera comme monument religieux en 1218, et acceptera le nom d’« église Notre Dame de la Garde » : « Notre Dame » pour la Vierge Marie, et « la Garde » pour le nom que porte la colline à cette époque…
 
Car de tout temps, elle a était un lieu privilégié pour accueillir un poste de vigie, d’où son nom « la colline de la Garde »…
 
Après la mort de Maître Pierre (1256), l’église de Notre Dame de la Garde, va devenir « un Prieuré du Sanctuaire »…
 
Des donations vont être faites, et une dévotion populaire va l’entourer, jusqu’à nos jours, et surement encore pour les siècles qui viennent…
 

L'église devient un Fort !

 
En 1516, François 1er, sa mère et sa femme la Reine Claude, viennent en visite à Marseille et vont en profitaient, pour se recueillir à l’église de Notre Dame de la Garde…
 

François 1er découvre que la ville n’est pas assez protégée, et l’occupation quelques années plus tard par « Charles III de Bourbon » en 1523, lui donnera raison ! Il décide à partir de là de renforcer la défense de la ville, par la construction sur l’île d’If d’un fort du nom de Château d’If, et la construction sur la colline de la Garde d’un fort qui englobera l’église ! Ce fort prendra le nom de « Fort Notre Dame »…

 
Le Fort Notre Dame, sera aussi dans la période des guerres de religion (1560 à 1598), entre catholique et protestant, un point névralgique de la prise de Marseille par la Ligue de Provence, qui entre autres échouera en1585…

 

La Révolution Française !

 
1789, la Révolution Française débute avec la prise de la Bastille à Paris ! Quelques mois plus tard le 30 avril 1790, se sont les patriotes qui vont prendre d’assaut le Fort Notre Dame, en se faisant passés pour des paroissiens…
 

Ils placeront autour de la tête de la vierge une écharpe tricolore, et un bonnet phrygien sur celle de l’enfant Jésus…

 

En 1793, le 23 novembre plus exactement, la décision est prise de fermer tous les édifices religieux. Ils sont par la même occasion désaffectés, tous les métaux précieux sont fondus et transformaient en monnaies, les statues et autres objets sont vendus aux enchères…

 

Dans la même période, c’est le Duc d'Orléans « Louis Philippe II Joseph d’Orléans », ainsi que ses enfants « Louis Antoine Philippe d'Orléans, Duc de Montpensier » et « Louis Charles d'Orléans, Comte de Beaujolais », la sœur du Duc d'Orléans « Bathilde d'Orléans Princesse de Bourbon », et « Louis François Joseph de Bourbon-Conti, comte de La Marche », qui sont emprisonnaient au Fort Notre Dame, avant d’être transféraient quelques mois plus tard, au Fort Saint-Jean...

 
Quelques mois plus tard, la vierge en argent de l’église du Fort Notre Dame, est déboulonnée, et envoyée à la fonderie de l’hôtel des monnaies de la ville…
 
Ensuite, tous les monuments religieux deviennent la propriété de l’état républicain, et sont laissaient pour la plupart à l’abandon…
 

Le sauveur !

 
L’église du Fort Notre Dame n’échappera pas à la règle, et il faudra un sauveur du nom de « Joseph Escaramagne », qui invoqua vouloir la louer pour son bien personnel, mais qui en vérité souhaitait la sauvée de la destruction, du fait qu’il vouait une dévotion énorme à la Vierge Marie…
 
Cet ancien capitaine de navire, écrira à Lazare Carnot, qui était alors ministre de la guerre en 1800, pour avoir l’autorisation de reprendre le culte dans cette église, mais le préfet de l’époque Charles Delacroix refusera la reprise de tout culte religieux dans cette église…
 
En 1807, la réouverture au culte religieux est autorisé en France, et vu qu’entre temps Joseph Escaramagne, a pu rachetait, une statue de la vierge et l’enfant Jésus aux enchères, il l’offre à l’église Notre Dame de la Garde…
 
12 juin 1814, jour de la fête de Dieu, il est décidait qu’une procession partirait, de la Cathédrale de la Major, avec la statue de la vierge et l’enfant Jésus offerte par Joseph Escaramagne et cela, jusqu’au sanctuaire de Notre Dame de la Garde, cette procession fut saluée par plusieurs coups de canon…

 

Premier agrandissement !

 
En 1829, c’est l’orfèvre Jean-Baptiste Chanuel, marseillais de naissance, qui sera chargé de confectionner une nouvelle statue en argent pour remplacer celle détruite au début de la révolution, il lui faudra cinq années pour la réalisée. Elle sera bénie par Monseigneur Fortuné de Mazenot, le 2 juillet 1837…
La statue a était fabriquée grâce aux dons des paroissiens, et à la Duchesse d’Orléans, qui lors de sa venue à Marseille en 1823, avait offert une coquette somme d’argent…
 
L’église de Notre Dame de la Garde, voit le nombre de ses paroissiens augmentés, il est donc décidait en 1833, de l’agrandir en y ajoutant une deuxième nef…
 

Un peu plus tard en 1843, c’est au tour du clocher d’être reconstruit avec un nouveau bourdon, qui fut commandait à une fonderie de Lyon dont le propriétaire se nommait Gédéon Morel…

 
Le nouveau bourdon, sera béni par Charles Joseph Eugène de Mazenod le 5 octobre 1845, neveu de Monseigneur Fortuné de Mazenot, qui lui avait béni la Vierge et l’enfant Jésus le 2 juillet 1837. Par la même occasion, le bourdon sera baptisé « Marie-Joséphine »…

Il est à noter que le bourdon, la Vierge et l’enfant Jésus, et la Vierge au bouquet qui se trouvent aujourd’hui dans la basilique datent d’avant la construction de celle-ci…

 

La nouvelle Basilique !

 
Ensuite en 1850, le Père Jean-Antoine Bernard, qui est le responsable de l’église Notre Dame de la Garde. Formule une demande auprès du ministre de la guerre de l’époque, le Général d’Hautpoul, en vu de l’agrandissement de l’église, mais le ministre ne put lui donner une réponse favorable du fait d’un dossier vague et incomplet, et qu’en plus le ministre va démissionner…
 

Une nouvelle demande fut formulait l’année suivante (1851), et acceptée grâce au soutien du Général Adolphe Niel, le nouveau ministre de la guerre Eugène Rouher, signe l’autorisation d’agrandir l’église Notre Dame de la Garde, et par là même le retrait de toute partie à usage militaire dans le fort de la Garde…

 
Après acceptation d’agrandissement, il faut encore trouvait des fonds pour les travaux, et là c’est Monseigneur Charles Joseph Eugène de Mazenod, qui va faire appel aux paroissiens, et aux notables de la ville de Marseille en novembre 1852, pour réunir les fonds nécessaires à l’agrandissement…
 
La décision sur l’architecte qui mènera les travaux est prise au mois de décembre 1852, il en ressort que le meilleur projet est celui de Léon Vaudoyer, qui s’occupe déjà de la construction de la Cathédrale de la Major depuis le 26 septembre 1852 ! Car c’est le seul à construire des édifices en style romano byzantin, alors que les autres projets sont en style néogothique…
 
Vaudoyer, confira la tache à son meilleur adjoint « Henri-Jacques Espérandieu », qui s’occupe déjà de la construction de la Cathédrale de la Major, et dont en parallèle de la Basilique Notre Dame de la Garde…
 
L’évêque de Marseille, Monseigneur Charles Joseph Eugène de Mazenod, posera la première pierre le 11 septembre 1853…
 
Les travaux des fondations furent très difficiles, à cause d’une roche très dure. Puis intervienne les difficultés financières, une loterie locale sera organisait, mais cela ne suffira pas, surtout que de nouvelles modifications sont apportées au niveau de la Crypte ! En fait, l’archevêché souhaite que la Crypte s’étende sous toute la longueur de l’édifice, et non pas sous une partie de celui-ci, comme cela était prévu au départ…
 
Faute de financement les travaux sont arrêtaient en 1859, et ne reprendront que deux ans plus tard en 1861…
 

L’évêque de Marseille, Monseigneur Charles Joseph Eugène de Mazenod, décède le 21 mai 1861 ! Son successeur, le nouvel évêque de Marseille Patrice François Marie Cruice, décide de faire redémarrer les travaux de construction au mois d'août 1861. Grâce aux dons de généreux bienfaiteurs de toutes confessions religieuses, et surtout grâce à l’empereur Charles Louis Napoléon Bonaparte, et à l’impératrice Eugénie de Montijo, qui financeront une partie des travaux…

 
Le sanctuaire sera consacré le 4 juin 1864, par le Cardinal Villecourt…
 
En 1866, c’est au tour du clocher d’être terminé, et la pose du bourdon « Marie-Joséphine » qui venait de l’ancien clocher…
 

La Vierge et l'enfant Jésus !

 
Le clocher a une particularité, il est carré, plat et sans toiture ! Il y a bien sûr une raison à cela, le clocher va accueillir un piédestal, avec une statue monumentale de la Vierge et l’enfant Jésus. Les mensurations sont de, 11,20 m de hauteur, sur une largeur de 3,60 m pour la partie la plus large, avec son piédestal elle mesure 23,70 m de haut, pour une altitude de 225.70 m au sommet de la statue, et un poids total de 16 tonnes… 
 
La ville de Marseille et son Maire, Antoine-Théodore Bernex, l’Architecte Henri-Jacques Espérandieu, Philippe-Auguste Jeanron directeur de l'école des Beaux-arts, Antoine Bontoux professeur à l'école de sculpture, choisissent Eugène-Louis Lequesne sculpteur et l’atelier Christofle pour les travaux de la monumentale statue…
 
La statue sera en cuivre, avec un axe intérieur central pour la pose d’un escalier qui permettra d’accéder à la tête de la vierge, pour l’entretien, et même pour la visiter et admirer le panorama ! En plus, l’axe central permettra de renforcer la structure. Pour finir, elle sera recouverte à la feuille d’Or…
 
La statue est construite en quatre parties, du fait de son poids, et da la hauteur du clocher, la première partie sera mise en place le 17 mai 1870, et la consécration aura lieu le 24 septembre 1870…
 

Mort d’Henri-Jacques Espérandieu !

 

Henri Antoine Révoil, prendra le relai d’Henri-Jacques Espérandieu, après son décès le 11 septembre 1874, il s’occupera surtout de toute la décoration intérieure…

 

Le Funiculaire ! (voir la photo)

 
Le 30 avril 1892, une petite révolution arrive à la Basilique Notre Dame de la Garde, la mise en place d’un « Funiculaire » ! Il était équipé de 2 cabines de 13 tonnes chacune à vide, avec une capacité d’une cinquantaine de personnes. Elles étaient tirées par un câble qui s’enrouler ou se dérouler, autour d’un tambour, avec un système de crémaillère sur deux voies distinctes, pour permettre en même temps le freinage des cabines…
 
Le système de fonctionnement de ces deux cabines était vraiment simple, chaque cabine disposée d’un réservoir d’eau de 12m2. En fait, la cabine qui descendait était lestée d’eau pendant que la cabine qui montait était vidée de son eau, le système était ingénieux ! En plus pour faire remonter l’eau en haut du funiculaire, il avait été installé une pompe de 25 cv vapeur, avec un tuyau qui jouait le rôle de circuit, ce système a fonctionné pendant 75 ans…
 
La rampe mesurait 72 mètres de haut, dont 24 mètres dans la partie du pylône en pierre…
 
Il est vrai que le temps de remplissage durée une bonne dizaine de minutes, alors que le voyage durait quant à lui que 2 à 3 minutes…
 
Cela n’a pas empêché que le premier jour d’exploitation, le nombre de voyageurs atteint les 15 000! C’était le progrès…
 
Mais une autre particularité de ce Funiculaire était, sa passerelle d’arrivée! Construite par Mr Gustave Eiffel, elle était longue de 80 m sur une largeur de 5,50 m, avec un vide sous les pieds de 50 m environs pour une partie de la passerelle, les jours de Mistral il fallait être bien accrochait…
 
Ce système est une idée de l’ingénieur Emile Maslin, la passerelle métallique fut construite par les ateliers Eiffel, les cabines et les rails par, la société de Forges et chantiers de la Méditerranée…
 
Le Funiculaire a était inauguré et béni par Monseigneur Robert, le 30 juillet 1892…
 
Le Funiculaire ou ascenseur comme l’appelait les Marseillais, resta en service pendant 75 ans, sans avoir eu de gros incidents techniques. Malheureusement, la voiture a poussé l’Archevêché de Marseille et la Municipalité, à mettre un terme à son activité. Son dernier voyage a eu lieu le 11 septembre 1967, il a était comptabilisé 7 voyageurs dans la dernière cabine…

 

La libération 1944 !

 
Le 15 août 1944, c’est le débarquement en Provence des troupes alliées, entre Toulon et Cannes, sous le nom de code « opération Anvil Dragoon ». Pendant ce temps à Marseille les Allemands vont faire couler plus de 200 navires, et faire sauter le Pont Transbordeur…
 
Marseille sera libérée quelques jours plus tard, par le Colonel Chapuis qui sera le premier à rentrer dans la ville aidé par les FFI (Forces françaises de l'intérieur), suivi de quelques heures par le Général de Monsabert et les troupes du 1er GTM (groupe de Tabors marocains) du général Guillaume et les tirailleurs algériens de la 3e DIA (Division d'infanterie algérienne)...
 
C'est le 25 août 1944 entre 14 h et 15 h que le « Fort Villars » (Notre Dame de la Garde) sera libéré, par ces mêmes troupes et les FFI...
 
Un vestige reste de la libération de Marseille, mais surtout de Notre Dame de la Garde, le char Jeanne d’Arc qui se trouve toujours aux pieds de la Basilique, sur la place du Colonel Eddon, les trois soldats qui étaient à l’intérieur du char ont était tués…
 
Un second char, le Jourdan bien que touché par une mine arrivera du fait qu’il était protégé par une partie rocheuse, à tirer sur les occupants allemands et prendra une part importante dans la libération de la Basilique Notre Dame de la Garde…

 

Une restauration, pour le nouveau millénaire !

 

En 2001, des travaux de restauration ont démarré, ils ont duré huit ans, pour se terminés en 2008, tout a été refait l’intérieur de la Basilique, de la Crypte, les façades, les faïences, les mosaïques ! Une photo nous montre le remerciement fait aux Marseillais pour leurs participations en dons, à la rénovation…

 

Les visiteurs !

 

De nos jours la Basilique Notre Dame de la Garde, accueille plus 1,5 million de visiteurs par an…

 
 

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Histoire écrite par Marc MANNELLA
Photos : Patricia SPACH et Marc MANNELLA
WIPAMA Production août 2009 ©
 
 
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