Je me souviens...

 
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J'ai créé ce site, car j'aime ma ville, j'aime cette ville ou je suis né dans les années cinquante à la maternité de la Belle de Mai, comme tout bon Marseillais qui se respecte (humour), malheureusement elle a fermé !

Issu d'une famille d'immigrée italienne venue dans les années 1920, à l'époque où la France avait besoin d'une grande quantité de main-d'œuvre, après la Grande Guerre de 1914/18...

J’ai passé toute mon enfance entre la Joliette et Saint-Lazare, au 75 du boulevard de Paris exactement ! Dans le 2e arrondissement de la ville…

La fenêtre de ma chambre donnait sur la rue Désirée Clary avec ses entreprises comme « les Huiles Renault, une Semoulerie, les pneus Michelin, une entreprise de bois et bien sur le port de commerce ».

J’entendais les sirènes des bateaux qui rentraient ou sortaient du port... Les odeurs de camphre, d'épices, d'iode qui venaient me titiller les narines, et me donnaient l’envie de terres lointaines...

J’adorais partir me balader sur les quais au milieu de tous ces bateaux qui venaient de très loin, de rencontrer des matelots qui parler un langage que je ne comprenais pas toujours, surement venaient-ils des « îles sous le vent » comme disait « Marius »…

D'aller voir les pêcheurs avec leurs grandes cannes à pêche et entendre leurs galéjades pour raconter comment un jour ils avaient pêché le plus gros poisson du monde… Ou seulement prendre un bain à la digue du grand large, lieu que l'on appelle aussi « les pierres plates »…

Je me souviens qu'il fallait traverser sur un énorme pont métallique, qui tournait pour permettre de laisser passer les bateaux, pour rejoindre cette ile construite par l’homme toute en longueur de plusieurs kilomètres, et d’une largeur de 50 mètres environs, faite de pierre et de béton et qui sert à protéger « le port et la ville » du déchainement de la mer par mauvais temps, mais qui permet aussi l’accostage de navires pour leurs chargements ou déchargements, grâce à des grues de plusieurs dizaines de mètres de haut.

Avec les copains, nous restions des fois sur le pont quand nous avions la chance qu’un bateau passe, et tournions avec cette masse métallique de plusieurs centaines de tonnes...

Je me souviens des parties de jeux ou de bagarres avec les enfants du Panier ou du Racati, ou encore le soir dès les beaux jours, avec les parents et les personnes âgées qui prenaient leurs chaises, pour s'assoir devant les couloirs (porte d'entrée) des immeubles, les hommes eux jouaient aux cartes, au bar « le Popeye, ou le Sampiéro... »

Il faut dire qu’à l’époque très peu de foyers possédaient la télévision, et ceux qui l’avaient, n’avait qu’une seule et unique chaine, et en noir et blanc…

Je me souviens aussi de ces mêmes hommes qui s'interpellaient d'un bar à l'autre du style « Hooo ! Oreille !!! »  Et quelqu'un du bar opposé qui répondait « Hooo ! Banane !! ».

Ces mêmes bars qui en période électorale s’habillaient aux couleurs des partis politiques, et où certains en venaient aux mains pour défendre leurs visions et intérêts politiques...

Il y avait aussi « Mr Stéphani » qui était boulanger et qui fabriquer de délicieuses pâtisseries que tous les Corses connaissent les « Canestrellis », les meilleurs de Marseille à l’époque, c’est normal, il était Corse…

L'épicerie de « Mr et Mme Legrand » ou l’odeur des fruits et légumes de saison, nous rappelait que nous étions, au printemps, en été, en automne ou en hiver, pas comme aujourd’hui où l’on se demande si les fraises, cerises, pêches, pommes et autres ont encore un parfum et une saison…

La droguerie des frères « Bertrand » ! Le seul lieu à l'époque à vendre des jouets pour les enfants (car à cette époque il n'y avait pas toutes les grandes surfaces que nous connaissons aujourd'hui), la droguerie avec sa petite vitrine remplie de petites voitures, les fameuses « Majorettes » ou de petites figurines, que pour bien voir de près, nous devions enjamber les divers objets et cartons (Balais, sceaux, produits de nettoyages, bidons de pétrole, etc.… )...

Il y avait aussi la Droguerie de « Mr Raymond et Mme Paule Provent » juste en face, qui ont malheureusement été torturés et assassinés en mai 2003, dans leur commerce ! Je garde dans ma mémoire « Mr Raymond Provent » à l’entrée de son commerce avec sa blouse bleue, qui attendait les clients…

Je veux leur rendre un hommage sur ce billet, car avec eux c’est mon enfance que l’on a torturée et assassinée !

Je me souviens aussi du marchand de pain de glace, un petit kiosque tout en bois bleu et blanc, et le bruit de la scie sur la glace…

À cette époque très peu de gens avaient le réfrigérateur ou le congélateur à la maison, donc si nos parents voulaient conserver de la viande ou du poisson jusqu'au lendemain ou mettre une bouteille au frais, ils achetaient un pain de glace, le déposaient dans un sceau ou une bassine et recouvraient le tout d’un carré de carton ou d'un torchon...

Je me souviens aussi de cette femme qui passait dans la rue en criant « A l’aigo sau lei limaçoun, n’en a dei gros e dei pichoun ! » la vendeuse de Limaçons...

Ou du vendeur de brousse du Rove, avec ses biquettes qui passaient dans le boulevard de Paris…

Je me souviens de cet homme d’un certain âge qui vendait les billets de la loterie nationale à l’angle du boulevard de Paris et de la rue de Forbin… Cet homme qui était aveugle, mais qui ne supportait pas de rester à l’intérieur d’un appartement, cet homme qui même malade n’était heureux qu’au contact des gens de la rue… Cet homme à qui je vénère un grand respect et beaucoup d’amour et qui m’a permis aujourd’hui d’être Marseillais, et fier de l’être !

Mon Grand Père maternel…

Enfin, je ne vais pas vous raconter mon enfance, non je suis là pour vous parlé de ma ville, « Marseille ! »

Marseille d’hier, mais surtout Marseille d’aujourd’hui…

 
 

Marseille une jeune fille de plus de 2600 ans...

 
 

                                Marc Mannella

 
Texte de Marc MANNELLA
 

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