L'histoire du savon de Marseille

 

D’après l’histoire, le savon de Marseille viendrait de la Syrie, de la ville d’Alep plus exactement au nord-ouest de la Syrie.

Ce savon fabriqué à base d’huile d’olive et de Laurier est importé par les Croisés.

Aujourd’hui, la fabrication du savon à Alep est toujours la même depuis des générations ;

 

° Huile d’Olive

° Huile de baies de Laurier

° Cendre de salicorne ou soude

° Eau

 

 

Les premières savonneries en Europe vont naitre au XIIe siècle dans les villes de Naples, Venise, Gênes ou Bologne, pour l’Italie et Alicante pour l’Espagne.

C’est au XVe siècle que l’on trouve la première savonnerie de Marseille, et au XIXe siècle Marseille compte pas moins de 90 savonneries, une industrie très florissante avec en 1913 une fabrication de 180 000 tonnes de savon.

Mais revenons en arrière vers 1660 où les 7 savonneries de l’époque fabriquent 20 000 tonnes par an, en barre de 5 kg ou pain de 20 kg.

L’histoire nous relate aussi qu’au début du XVIIe siècle, avec la guerre en Espagne, Marseille doit augmenter sa production, car elle ne reçoit plus aucun produit d’Alicante, pour approvisionner le nord de l’Europe.

La fabrication va être règlementée par Louis XIV, un édit qui sera signé du fils de Colbert, dont l’article III stipule ; « On ne pourra pas se servir dans la fabrication du savon, de la barrille, soude ou cendre, d'aucunes graisse, beurre ni autres matières ; mais seulement des huiles d'olive pures, et sans mélange de graisse, sous peine de confiscation des marchandises".

 

La fabrication du savon marseillais se déroule en 6 phases :

 

Empattage et épinage.

Dans un chaudron, on verse les matières grasses, la soude et l’on mélange le tout à une température de 120 °C. Cette température élevée accélère une réaction qui s’appelle “la saponification”. En permanence on garde d’une préparation à l’autre, un fond de savon pour favoriser l’émulation entre les matières grasses et la soude.

Après avoir bien mélangé, on enlève la “Glycérine ”, qui sera utilisée pour la fabrication de bougies. Cette activité a le nom de “Stéarinerie”.

 

La cuisson.

Il faut rajouter de la soude pour créer une réaction des matières grasses, et pour évitée des problèmes de conservation par la suite et que le mélange devienne rance. Il faudra plusieurs heures de cuisson pour obtenir la pâte souhaitée.

 

Le relargage.

Le mélange transformé en pâte doit être nettoyé à l’eau salée, pour enlever les excès de soude, le lavage va durer plusieurs heures. Il faut savoir que du fait que le savon n’est pas très soluble dans l’eau salée, au contraire de la soude et des diverses impuretés (huile et glycérine). Le savon forme un “précipité” (phase dispersée et hétérogène), et qui est récupéré par soutirage cela s’appelle “la délipidation” du savon.

 

La liquidation.

La pâte doit se reposer et être lavée à l’eau

 

Le coulage et le séchage.

On verse le mélange dans des moules pour le séchage et le durcissement.

 

Le découpage et l’estampillage.

Quand le savon est devenu dur, il est découpé en cubes et un marquage est gravé au nom de la savonnerie et le pourcentage d’huile d’olive qu’il contient.

 

Deux sortes de savons de Marseille existent aujourd’hui, l'artisanal et l’Industriel :

 

L’artisanal est à base d’huile, à hauteur de 72 %, huile d’olive, de coprah et de palme.

Ce sont des savons de 600grs et ils sont gravés avec le nom de la savonnerie qui l’a fabriqué et le pourcentage d’huile (72 %).

En plus, il ne contient ni, parfum, colorant, adjuvant de synthèse, ce qui veut dire 100 % naturel et totalement biodégradable.

Pour le reconnaître en dehors du nom de la savonnerie et du pourcentage, sa couleur entre le marron et le vert. Il en existe aussi un de couleur blanche ou l’huile d’olive est remplacée par de l’huile d’arachide pour réduire le prix de vente.

 

L’industriel (vendu en grandes surfaces) avec généralement les mêmes composants, mais où l’on rajoute des additifs ; colorants, parfums, conservateurs et la plupart du temps pollueurs…

(Produits pour les sols, lessives, savonnettes).

 

À partir de 1950, et l'arrivée dans les magasins de détergents à base de synthèse, cela a précipite le déclin de cette industrie naturelle et écologique…

 

 

Texte et photo Marc MANNELLA
 
 
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