L'incendie des Nouvelles Galeries!!

 

Il est 14 h 37 ce vendredi 28 octobre 1938, des passants voient de la fumée sortir du magasin les « Nouvelles Galeries », puis des personnes sortent en hurlant, « Au feu ! Au feu !! »

 

Le magasin se trouve au milieu de la Canebière pour le devant, et la rue Thubaneau pour le derrière.

Face à lui le Grand Hôtel Noailles, où toutes les personnalités en visite à Marseille, se doivent de loger.

 

Ce jour-là, Marseille accueille le 35e congrès du Parti Républicain Radical et Radical Socialiste, le congrès se déroule au Parc Chanot, mais la plupart des protagonistes logent à l'hôtel Noailles. Dont Édouard Daladier, Président du Conseil, et Édouard Herriot, Président de l’Assemblée Nationale et Maire de Lyon sont présents.

 

Des travaux en vue des fêtes de fin d’année seraient à l’origine du départ de l’incendie.

 

Le magasin était constitué de parquets cirés, tentures, tapis épais, bois, tissus…

Tout ce qui peut alimenter un foyer !!

 

En plus, le magasin est plein de clients, le feu va prendre avec une incroyable rapidité, les Sapeurs-Pompiers de Marseille, à l’époque (ils seront dissous après cette catastrophe et remplacés par les Marins Pompiers), vont mettre plusieurs minutes à intervenir la seule caserne se trouve au Boulevard de Strasbourg à environ trois kilomètres du sinistre, en plus la Canebière est noire de badauds, l’eau provenait du Vieux-Port arrive avec peu de pression…

 

Tout était réuni pour faire une Grande Catastrophe.

Le bilan sera très lourd, 75 morts, dont la plupart des victimes, sont le personnel du magasin.

 

Édouard Daladier, devait déclare « N'y a-t-il donc personne pour faire régner l'ordre dans cette ville ! ».

 

Le Maire Henri Tasso fut démis de ses fonctions le 30 mars 1939, et la ville fut placée sous la tutelle du Préfet Frédéric Surleau.

 

Avec la guerre en 1939, Marseille ne retrouvera pas de Maire avant la libération en 1945 et l’élection de Gaston Defferre. 

 
Mes Grands-parents étaient présents!!
 

Je suis né 21 ans après la catastrophe en 1959, mais je me souviens que même des années plus tard, j’ai toujours entendu mes grands-parents en parler…

Ma grand-mère maternelle travaillait au « Pates Paul » boulevard Burel et mon grand-père maternel lui travaillait chez « Durousseau » rue Hoche…

Ils habitaient au Boulevard de Paris, pas très loin de la caserne des Sapeurs-Pompiers du boulevard de Strasbourg…

Ce jour-là, ils ne travaillaient pas, car ils avaient des courses à faire dans le centre-ville, et ils étaient présents rue de Rome quand les premières personnes criaient et couraient vers le haut de la Canebière…

Mes grands-parents ont suivi cette foule et arrivée à l’angle du cours Saint-Louis et de la Canebière, ont vu une épaisse fumée et des flammes qui sortaient du magasin des Nouvelles Galeries. Des gens tentaient de fuir par les toits et hurlaient, d’autres se jetaient dans le vide. Mon grand-père a tenté de s’approcher pour essayer d’aider, mais l’air était irrespirable, il y avait des agents de Police qui repoussaient la foule de curieux temps bien que mal, mais ils étaient totalement dépassés par la catastrophe qui se jouait devant leurs yeux, la violence du feu et des flammes qui traversait la Canebière et commençait à lécher l’hôtel Noailles…

Des personnes en torche humaine sortaient du brasier, d’autres tentaient de les sauver en jetant des seaux d’eau qu’ils avaient récupérés dans les magasins avoisinants…

D’autres personnes racontaient comment ils ont réussi à sortir de cet enfer, d’autres couverts de suie noire regardaient les yeux hagards le drame, d’autres cherchaient un parent ou un ami en hurlant !!

Des femmes s’évanouissaient en voyant des corps s’écraser sur le sol…

 

Voilà en résumer ce qu’ont vécu et m’ont raconté mes grands-parents, et que ma mère qui elle était au préventorium de Velaux à cette époque là m’a confirmée par le dire de ses parents, de familles de patients, ou du personnel médical qui ont pu lui raconter cette terrible journée qui a endeuillé Marseille...

Marc MANNELLA

 

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Sur la droite de la photo le magasin des Nouvelles Galeries

 
Texte Marc MANNELLA
 
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