Les Santons de Provence...

 

De nos jours tout le monde connaît les santons de Provence, mais très peu connaisse l’histoire de ces Santons…

Saint-François-d'Assise a été le premier à mettre en scène une crèche pour célébrer la naissance de l’enfant Jésus.

Cette crèche était constituée de personnages vivants, et se déroulait en Italie dans la forêt des Abruzzes, nous sommes alors en 1224.

En Provence la révolution de 1789, interdit les messes de minuit et les Provençaux catholiques se retrouvent à prier chez eux devant la croix.

C’est là qu’un capucin de Marseille et passionné de sculpture eut l’idée de créer des petits personnages qui représenteraient la scène de la naissance de l’enfant Jésus.

Ces personnages de petite taille sont fabriqués pour le peuple catholique de Marseille, ce qui va leurs permettre d’avoir chez eux une crèche personnelle et de pouvoir célébrer la messe de minuit.

Mais ce ne sont pas tous les Marseillais qui peuvent s’offrir ces santons qui coutent assez chers, car fabriqués généralement en verre filé ou en mie de pain et dont très fragile.

Les familles qui peuvent se les offrir les mettent dans des vitrines fermées pour éviter que leurs enfants puissent les toucher.

Mais les enfants aussi veulent leur crèche, ils vont se mettre à imiter les cérémonies des crèches d’églises, et donneront même un nom à ce jeu « le jeu de capello » qui veut dire « jeu de chapelle ».

Pour cela ils vont utiliser des « Santouns », petites statuettes fabriquées spécialement pour eux et qui en fait sont des copies de statues religieuses que l’on trouvait dans la plupart des maisons chrétiennes pour les protéger du mal, et que l’on nommait « Santibelli » qui veut dire « Statue » en Provençal…

Cela va donner des idées à certaines personnes habilles de leurs mains qui vont créer une nouvelle activité commerciale et lancer à grande échelle la fabrication de santons pour les particuliers, on les appellera « les santonniers ».

Marseille va devenir la capitale de la fabrication du Santon, et en décembre1803 sur le « Cours Belsunce » va apparaître la première « Foire aux Santons ».

Elle va souvent déménager, en 1808 elle se déplace de quelques centaines de mètres sur le « Cours Saint-Louis » elle restera là, jusqu’en 1853, pour se retrouver au « Boulevard du Muy », trente années plus tard en 1883 elle déménage de nouveau pour s’installer en haut de la Canebière aux allées de Meilhan, à partir de 1897 elle va devenir annuelle.

Elle déménagera de nouveau en 2005, pour s’installer au Cours d’Estienne d’Orves, à cause des travaux d’aménagement du Tramway sur la Canebière.

La foire aux Santons se tient du dernier dimanche de novembre au 31 décembre de chaque année, l’inauguration s’effectue au son des groupes folkloriques provençaux…

Depuis décembre 2007, la foire est revenue s’installer aux allées de Meilhan en haut de la Canebière.

« Mais en cette année 2008, une divergence oppose les santonniers et la Mairie de Marseille, car ils souhaitent rester sur le Cours d’Estienne d’Orves... »

Mais la Mairie de Marseille n'a pas cédé, et la foire aura bien lieu aux Allées de Meilhan en haut de la Canebière... Du samedi 22 novembre au mardi 31 décembre... 40 exposants seront présents...

 

En 2003 la Foire aux Santons a fêté son 200e anniversaire.

 

La fabrication !

 

La fabrication du santon est un art ! Le santonnier (personne qui fabrique les santons) va d’abord créer un premier santon en argile qu’il se servira pour fabriquer le moule en plâtre.

Comme la plupart des moules, il sera en deux parties.

Puis vient le moment du remplissage du moule avec l’argile, le raccordement des deux parties et le pressage, cela s’appelle « l’estompage ».

Après c’est au tour du démoulage et « l’ébarbage » (suppression du surplus d’argile sur tout le tour du santon).

À la fin de ce minutieux travail, le santon doit sécher 72 heures avant d’être cuit dans un four chauffé à 980 ° pendant une durée de 36 heures.

Puis il faut attendre que le four refroidisse avant l’ouverture, c'est-à-dire 24 heures environ…

Le santonnier devra après avoir été sculpteur, devenir peintre de talent pour donner une expression à son œuvre…

Puis couturier pour fabriquer des patrons qui serviront pour la confection des divers costumes (Boulanger, poissonnier, curé, gendarme, hommes, femmes, enfants, etc.… ).

Il pourra aussi être architecte, pour fabriqué des maisons, églises, granges, ponts…

On le voit un santonnier, a diverses cordes à son arc et du talent plein la tête…

 

Texte et Photo Marc MANNELLA

 

Retour

Copyright © N° R4ZE17A WIPAMA® Production - Octobre 2008

Contact Webmaster Site